LES PORTS DU MIDI ATLANTIQUE
ET LA TRAITE NÉGRIÈRE

Salle de spectacle Jean Gabin
Mardi 28 Janvier 2025 - 14h30
Entre le XVIème et XIXème siècle, environ 12 millions d’Africains furent déportés par les négriers occidentaux vers les colonies. Dans cet « infâme trafic », les ports du Sud-Ouest atlantique jouèrent un rôle indéniable, convoyant plus de 300.000 captifs ( 2,5% de la traite européenne). On peut se pencher sur la trajectoire de 4 ports au « profil négrier » complémentaire : – La Rochelle, port de commerce moyen à la vocation négrière ancienne ; – Bordeaux, 1er port colonial français durablement spécialisé dans le trafic direct avec les Antilles qui s’investit puissamment dans la traite dans la fin du XVIIIème siècle ; – Rochefort, arsenal des colonies, qui soutient l’Asiento, traite négrière espagnole assumée un temps par les Français tout en montant ses propres expéditions ; – Bayonne qui n’arma que ponctuellement en traite. Investis dans le commerce triangulaire, ces ports tirèrent aussi profit de l’esclavage en lui-même. Troquant des produits comme le sucre, le café, l’indigo, ils acheminaient vers la métropole et l’Europe entière ces denrées produites par les populations asservies, et l’on trouvait à la tête des plantations antillaises bien des colons originaires du Sud-Ouest.

Thierry SAUZEAU

Professeur en histoire moderne, Université de Poitiers